* Par où commencer?

En coopération avec une ong locale de femmes meranao (un peu genre Cercle des fermières), nous avons développé un atelier d’une journée afin de déterminer quels sont les besoins en terme de développement de 10 barangays (un peu comme des quartiers) défavorisés de Marawi.

L’approche adoptée est l’approche dite participative, ce qui fait en sorte que toute la communauté est invitée à participer à l’atelier. Un des objectifs de cette approche est d’obtenir, grâce à divers ‘outils’, des informations de bases valides sur lesquelles nous pourrons nous fier pour mettre en oeuvre des projets de développement. Mais aussi, voir même surtout, cette approche permet d’établir un lien avec les gens, de tranquillement instaurer un sentiment de confiance et de réciprocité qui est indispensable au succès de tout projet de développement. Cette approche exige un retour dans ces communautés pour valider les résultats, la création d’un groupe…bref toute une série d’étapes dont la consultation avec la population n’est que le point de départ.

En fait, ce que je voulais surtout partager avec vous sont les résultats de ces ateliers:

- Plus de 50% des maisonnées (il y a plusieurs familles par maisonnée, on compte environ une centaine de maisonnée par communauté) n’ont pas de toilettes;

- Auncun des barangays n’a de toilettes publiques ou communes. Par conséquent, les gens utilisent la rivière ou le lac tout près pour faire leurs besoins;

- Dans chacun des barangays l’accès à l’eau potable est problématique. Parfois, il y a un réservoir mais pas de tuyautrie, ce qui fait que l’eau demeure inaccessible! Rarement, il y a une pompe communautaire. Jamais, n’y a-t-il d’eau courante dans les maisonnées.

- Par conséquent, les gens utilisent l’eau des cours d’eau comme usage domestique (cuisiner, laver, boire…). Les mêmes cours d’eau qu’ils utilisent comme toilettes.

- Les taux de maladies de peaux sont énormes (à vue, je dirais que près de 80% de la population souffre de problèmes cutanés bien plsu grave que l’acné!)

- Plus de 50% des gens dans chacune des assemblées ne savaient pas écrire leur nom que ce soit en meranao (leur dialect), tagalog (langue nationale) ou anglais (autre langue nationale).

Lorsque nous leurs avons demandé de dessiner la communauté de leur rêve, voici ce qu’ils désiraient avoir:

- Une école;
- Un petit marché;
- Un centre de santé;
- Une mosque;
- Des toilettes;
- Un emploi

……

Comment ne pas travailler d’arrache-pied avec ces gens là pour qu’ils aient accès au strict minimum?!

2 commentaires »

  1. Il y a 10 quartiers défavorisés à Marawi. Sur combien? Un quartier représente combien de personne? Juste pour voir l’ampleur de cette situation.

    Coïncidence, à peu près en même temps, Radio-Canada nous révélait qu’à 700 km à l’est de Sept-ile une communauté d’une centaine d’habitants n’a pas d’eau courante ni système d’égout, un peu comme les villages autochtone du nord de l’Ontario et du Québec.

    Un commentaire de Édouard — 15.12.05 @ 11:42 pm

  2. Je ne sais pas il y a combien de quartier, barangay, à Marawi, mais on pourrait facilement trouver. Un barangay est composée entre 50 et 200 maisonnée (household, en fait je ne sais pas si j’utilise la bonne traduction!). Cependant, il y a plus d’une famille par maisonnée, ce qui rend difficile savoir le nombre exact de la population.

    Chaque barangay est composé de purok, l’unité, ou niveau de gouvernance, le plus petit (plus près du local?) des Philippines. Ce qui complique la gouvernace est que chaque niveau (provincial, municipal, barangay et purok) sont indépendent l’un de l’autre er reçoive leurs ‘ordres’ direct du fédéral (le rêve de PLC!). Ainsi, le mnicipal ne peut pas ‘imposer’ un projet à un barangay, par exemple la construction d’un site d’enfouissement sanitaire. Le fédéral peut aussi facilement régner en semant zizannie et pots-de-vin à différents niveaux de gouvernance.

    Un commentaire de Geneviève — 19.12.05 @ 09:01 am

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