L’autre jour, j’ai accompagné Cynthia (ma masseuse…je sais ça sonne terrible mais bon c’est ça qui est ça!) au City Health Office pour qu’elle rencontre Cora, ma copine travailleuse sociale.
Début de la parenthèse. Cynthia vient de Manille. Elle a un mari, trois enfants et un quatrième prévu pour hier. À chaque fois qu’on se voit, on parle de sa famille, de son petit gars qui s’en vient. Après 3 filles, elle est bien contente d’avoir un gars. Elle se dit que maintenant elle pourra accepter les condoms que je lui offre constamment. Chemin de conversation faisant, on parle de la façon dont les gens la traitent à l’hôpital, elle, mais aussi ses enfants. Du coûts des médicaments, d’un accouchement.
Je dis: Ouille, mahal kaayo (lire c’est cher en ti-péché! Il va m’en falloir des massages pour payer ça!)
Elle me dit: Pas grave Mom Gen, je vais accoucher à la maison avec une sage femme, c’est beaucoup moins cher.
Mais vous connaissez la vie, elle est mal faite des fois. Cynthia a besoin d’une césarienne. Mahal kaayo cent fois! Une année de massage ne sera pas assez. Putain!
Je soupçonne une escroquerie. En parle avec Cora qui me dit: “Viens avec Cynthia lundi prochain, je vais voir ce qu’on peut faire.” Fin de la parenthèse.
Cora parle avec Cynthia, s’informe de sa situation familiale (si elle est victime de violence familiale - Jamais!-, si ces enfants vont à l’école - Juste une: la meilleure. Ça coûte cher l’éducation!), de sa situation financière (si elle travaille? Bien sûr, y a justement une de mes clientes avec moi! Et votre mari, il travaille?-Silence. )
Cora informe Cynthia que puisqu’elle vit sous le seuil de la pauvreté (10 000P par mois.) elle devrait demander un certificat de pauvreté (!-eh oui, vous avez bien lu) dûment signé par son Barangay Captain (sais vraiment pas comment traduire ça, le plus proche serait conseiller municipal, je crois) elle a droit à des services gratuits au City Health Hospital (Comprendre: Césarienne gratos!) et à 20% de rabais sur les médicaments. En plus, puisqu’elle est handicapée (elle a un oeil qui zozotte!!!), elle pourrait avoir droit à un autre 20% supplémentaire. Mais pour ça, elle doit aller voir un autre organisme à l’autre bout de la ville pour avoir une étampe.
Ok, c’est chiant la bureaucratie, les heures d’attentes et les milliers de papiers à remplir, mais je m’attendais à voir, sais pas, un peu de joie dans les yeux de Cynthia. de la reconnaissance. Mais non. J’y ai lu déception, amertume.
Moi: Qu’est-ce qu’il y a?
Cynthia: Tu te rends compte, Mom Gen, que ça veut dire que les gens de l’hôpital me volent depuis le début?
Moi:…
Cynthia: Pis que là, non seulement, je vais devoir retourner les voir, mais en plus je vais devoir leur montrer mon certificat de pauvreté? Je ne suis pas pauvre, je travaille, moi!
Moi:…
Cynthia: Déjà qu’ils me traitaient mal!
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Nous sommes chanceux au Québec d’avoir eu des leaders qui ont décidé que les services d’État seraient les mêmes pour tous, indépendamment des revenus.
Nous sommes chanceux au Québec d’avoir eu des leaders qui ont pensé que de payer justement les gens qui offrent ces services était garant de l’honnêteté et de la dignité de ces travailleurs (come on: voler quelqu’un qui vit avec moins de 2 dollars par jours?! C’est minable.)
Ces principes valent la peine d’être défendus. Ardemment.


















Qui a ben pu mettre ça dans la tête de nos “leaders” à nous, ici au Québec?
Un commentaire de Édouard — 09.01.06 @ 11:21 pm
Sais pas,…y’en a qui disent que c’est la génération des baby-boomers, mais il ne faut pas le dire trop fort: ça pourrait nuire à leur réputation de grands méchants loups des temps modernes!
Un commentaire de Geneviève — 10.01.06 @ 08:10 am
À moins que ce soit le PCO?
:)
Un commentaire de Geneviève — 10.01.06 @ 08:11 am
Ça doit être venu pas mal avant le PCO ;0)
Un commentaire de Édouard — 16.01.06 @ 05:44 am