* Comme les Philippines

3 jours de formation déjà. Bizarrement, j’ai l’impression d’être au Philippines.

Bien installé dans un resort sur le bord de la mer, une gang discute de méthodes participatives et développement organisationnel. Des fois, j’entends G parler à Hope for Change, une autre fois, c’est des trucs de facilitation qui reviennent ou bien c’est l’odeur de la mer et les activités extérieures.

Il reste une journée. On va présenter le résultat de notre apprentissage avant bien sûr de recevoir notre certificat et prendre une group picture.

Vendredi, départ pour Manila.

* Départ solo

Les bagages sont prêt;  je pars demain.  Nanaimo pour une semaine de formation puis Manila pour les vacances.  C’est un premier voyage en solo depuis plusieurs années.  Les derniers voyages étaient la plupart du temps un peu grégaire. Cette fois-ci pas de blonde (elle est déjà au bout du monde), pas de belle-famille (elle est éparpillée entre Jonquière et l’Afrique), pas de volontaires d’Iligan (ils sont éparpillés sur la planète). 

Reste que je vais être sur les chemins battus (Negros et Cebu) et je vais entrecouper le voyage solo avec des sections duo (tient par coincidence, la blonde sera dans le même bout du monde…!). 

* De nouveau prêt pour la route!

Après un an de repos.  Nous sommes prêts à repartir de nouveau.  Pour commencer un petit renipage du blogue. 

 Les billets sont achetés, les passeports à jour. L’avion nous attend….

 

 

 

* Les visiteurs


La nuit est tombée sur la campagne maranao quand l’appel des mueezins résonne sur les collines environnantes. C’est le dernier soir du Ramadan car le lendemain la nouvelle lune fera son apparition dans le firmament. Les fidèles sont donc en grande nombre à la mosquée de Pagalongan puisque les maranaos reviennent dans leur village lors des fêtes religieuses. On salue un cousin de deuxième degré, une connaissance du primaire ou un voisin maintenant au loin. Mais cette fois-ci, il y a même des étrangers venus célébrer dont un grand barbu. La rumeur travers rapidement la salle de prière: Un homme venu d’Arabie ou d’Égypte est parmi nous… Et comme il vient de si loin, il devrait mener la prière. On a tôt fait de remettre les pendules à l’heure, le grand égyptien vient de Longueuil et ne mènera pas la prière, il observera.

Les fidèles, un peu perplexe, demandent la raison de sa présence dans la communauté. Il est venu célébrer Aïd el-Fitr avec ses amis maranaos et il participera donc aux prières de le Tarawih. À la fin de la prière, les hommes de la communauté l’accueille et lui souhaite la bienvenue et veulent savoir plus sur sa présence.

Le lendemain pour la grande prière de Aïd el-Fitr, on ne rate pas la chance de prendre quelques photos avec cet invité. C’est un honneur pour la petite mosquée d’accueillir des visiteurs étrangers. Pour la grande prière, la mosquée est pleine. Après avoir fait charité, les fidèles sont au coude-à coude et écoutent l’imam réciter des versets. L’heure est à la réjouissance car le ramadan est terminé.

Nous revenons d’un séjour de 3 jours à Pagalongan, où nous avons célébrer la fin du ramadan avec la familles de nos amis maranaos et connaître un peu plus la culture maranao. Nous avons suivi les différents rites et participer aux prières. Un peu comme Noël pour les chrétiens, Aïd el-Fitr est un rite religieux mais également un évènement familial des plus joyeux. Jamais nous avons tant mangé en si peu de temps… Malheureusement, la caméra était low-batt, comme ils disent ici.

* Réponse à monsieur le Ministre

La protection de l’environnement est importante, mais elle ne doit pas se faire au détriment de la survie des entreprises, estime le ministre du Travail, Jean-Pierre Blackburn… Radio-Canada

Sur ce, je réponds, “la protection des entreprises est importante, mais elle ne doit pas se faire au détriment de la survie de l’environnement.”

Venez faire un tour à Cagayan de Oro, la semaine prochaine, nous avons réuni plein de gens intelligents pour justement discuter de développement durable (et c’est ma dernière représentation :!). C’est une invitation monsieur le ministre!

Oups, j’oubliais, tout voyage non-essentiel sur Mindanao est fortement déconseillé

* Les amoureux sur un banc public…

Ils se sont rencontrés par SMS. Ils ont échangé quelques textes, probablement sans conséquences (comme la plupart des pinoys de la génération numérique). Un jour, ils ont décidé de se rencontrer dans un endroit public d’Iligan. Un membre de la famille les a vus ensemble. Comme la procédure de cour traditionnelle n’avait pas été respectée, le gars devra donc payer 30 000 pesos pour éviter un rido, un conflit de clans et peut-être avoir la chance de revoir sa douce.

Depuis deux ans, on nous parle de sensibilité culturelle et de respect cependant dans certains cas, comme celui-ci, on devrait plutôt parler d’extorsion. Sans compter qu’advenant une relation menant au mariage, la famille du gars devra également payer une immense douaire.

* Voyage organisé

Cette semaine, le bureau reçoit deux visiteurs importants. Chaque fois que quelqu’un visite le programme, c’est toujours le branle-bas de combat. Il faut organiser les transports, les chambres, les repas, les visites officielles, les réunions et la sécurité. Habituellement, les invités se pointent à Iligan et Marawi pour quelques heures ou au plus 2 journées cependant, les préparatifs demandent des heures de travail tant de la part du programme que des partenaires locaux.

Lors de la dernière réunion de bureau où l’on discutait de quelle voiture et quel volontaire irait avec chacun des visiteurs (car ce sont deux visites indépendantes), j’ai proposé de créer une division tourisme où l’on pourrait organiser des voyages organisés dans notre belle région des Lanao. L’idée n’a pas été bien reçue mais elle germera lentement mais surement (comme celle de Geneviève qui suggérait d’avoir une chèvre pour tondre le gazon, un succès…!)

Alors en grande première, VSO (Voyage en Services Organisés) vous propose un nouveau forfait Lanao comprenant:

  • Transfert de l’aéroport de Cagayan de Oro vers Iligan ou Marawi incluant un dîner sur le bord de la mer et plaque d’appréciation;
  • Rencontre officiel à la municipalité;
  • Visites de communautés meranaos ou chrétiennes (incluant discours, danse et photos);
  • Kanduri ou Pagana Meranao, un souper haut en couleurs;
  • Nuit au Cheradel Suite (matelas comfortable, cable, air climatisée et piscine) ou au Ayala Resort (style indigène, piscine avec belle vue);
  • Déjeuner continental
  • Transfert vers l’aéroport

Le forfait comprend également les bannières, l’eau minéral, les parapluies, les taxes et le service. Ne sont pas inclus dans le forfait, le transport aérien et les pasalubongs.

Des volontaires pour l’essayer?

* Institutionnaliser le racisme

Évidemment ce qui est arrivé, hier au Cégep Dawson, est triste et désolant. Mais en même temps, j’ai peine à imaginer ce qui aurait pu ce produire si le responsable de ces actes avait eu pour nom Sahid, Abdullah ou Rashid. La tuerie serait devenu acte terroriste dans la minute. On aurait interviewé tous les étudiants d’origine arabe pour savoir si un réseau existait au CEGEP. Malheureusement pour les tenants de la manière forte et les médias et heureusement pour la population d’origine arabe, le suspect est canadien d’origine canadienne comme a pu le faire remarqué Radio-Canada. Avec une telle expression, on pourrait parler de racisme institutionnalisé, et en même temps, on distincte clairement deux formes de terrorisme, l’un pure laine, l’autre immigrant.

C’est un peu la même chose à Mindanao et aux Philippines, dès qu’une grenade explose quelques part, on voit la marque des rebelles musulmans. Les médias juxtaposent facilement les mots terroristes et musulmans sans vraiment savoir ce qui se passe. Il ne faut pas oublier qu’il y a une dizaine de groupes armés (de toute allégences et religions) qui combattent le gouvernement philippin depuis plus de 40 ans.

Alors pourquoi cette association de mots? La peur de l’inconnu et des différentes cultures qui antagonise les perceptions que l’on a des autres, les rendant encore plus menaçantes. Ou bien un sensationnalisme à l’américaine pour mousser les ventes et l’auditoire… Une chose est sure, une meilleur compréhension des cultures réduirait grandement les préjugés envers l’autre coté

* Eh Banane!

Bien installé dans un divan au nouveau centre de IPDM sur le campus de MSU, un groupe d’étudiants nous examine du coin de l’oeil. Trop gêné pour nous approcher ou nous parler mais intrigué par notre présence (il n’y a pas beaucoup de blancs qui se promène sur le campus).

Après 5 minutes de scrutement, Geneviève les surprend:
- Voulez-vous poser avec nous pour la photo?
- ….
Ils acceptent, un peu perturbé.

La troupe s’installe autour de nous pendant qu’une collègue prend la photo avec notre appareil. Deux secondes plus tard, ils sont partis sans même regarder la photo. Comme si le kodak leur avait enlevé leur curiosité, comme si nous étions comme eux et aimions les photos…

Aux Philippines, si une chose est évidente, c’est le plaisir de prendre des photos. Jamais nous avons tant photographié et été photographiés par des amis et des étrangers (vive le photo-téléphone pour les photos à votre insu). Nous avons pris plus de 5000 photos depuis notre arrivée. À chaque atelier, la caméra clique plus de 200 fois. Il suffit de la laisser sur la table et un participant se fera un plaisir de remplir la carte-mémoire. Puis le soir venu, le groupe s’installe devant l’ordinateur et regarde les résultats de la journée en lançant des commentaires sur les uns et les autres.

* Comprendre le passé

Au 16e siècle, des Moros de Lanao attaquaient périodiquement les côtes de Bohol afin d’en chasser les Espagnols. Au 20e siècle, des Boholanos ont immigré à Kauswagan sur les terres maranaos.

La semaine dernière, une des organisations de Kauswagan s’est embarquée dans un voyage pour remonter l’histoire qui lient les maranaos et les boholanos. À Maribojoc, l’ancien port de commerce que les Moros attaquaient, le groupe a visité le mont Tana-wan, où les boholanos se réfugiaient pendant les attaques. Alors qu’on nous expliquait le pourquoi et le comment, U. s’exclame:

Je peux comprendre pourquoi les boholanos ont immigré chez-nous. Même moi, si on me donnait cette terre-la, je la refuserai. Il y a rien qui y pousse. En pointant vers des tiges de mais faiblottes.

En rentrant à notre centre de conférence, quelqu’un demande à U.

Tu n’as pas mis ton chapeau musulman pour aller visiter Maribujoc. Tu t’avoues vaincu par les boholanos?
U. de répondre avec son plus beau sourire: Non pas vraiment, si j’avais mis mon chapeau, ils auraient pensé que nous les envahissons encore une fois..

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