* L’ancien maire

Dans une municipalité le long du lac Lanao, il y était une fois un ancien maire. Sa femme l’avait remplacé puisqu’il ne pouvait prolonger au-dela de 2 termes. Vint un homme important visiter la communauté. À la table d’honneur, notre ancien maire présenta son discours:
Bon matin à tous, ma femme, la mairesse m’a demandé de la remplacer ce matin car, elle est aux fourneaux à préparer le dîner. J’aimerais remercier Monsieur Important ainsi que sa meilleure moitié pour leur visite

S’en suit une visite de la communauté qui se termine avec un dîner à l’hôtel de ville. La mairesse s’installa docilement à la table d’honneur avec son mari. Pendant tout le repas, l’ancien maire discutera des projets de la municipalité sans qu’aucun mot ne sorte de la bouche de la mairesse. On sait qui contrôle maintenant.

Les familles politiques sont monnaie courante aux Philippines. La Présidente Gloria est la petite fille du Président Macapagal. Il n’est pas rare de voir la femme d’un politicien le remplacer alors que celui-ci y va d’une candidature à un niveau plus élevé. Les Moro ont cependant un avantage indéniable sur le reste de la population: Monsieur l’ancien maire peut avoir plus d’une femme pour asseoir son pouvoir…

En revenant à Iligan, nous avons imaginé une situation où les six femmes d’un député seraient élues dans six municipalités du comté simultanément. Une chance que Harper est un conservateur chrétien…!

* La vente de blanc

Durant l’année 2004-2005, les Philippines avaient 292 240 citoyen(ne)s inscrit(e)s dans des programmes de nursing et de soins infirmiers. Ils y auraient plus de 50 000 infirmiers et infirmières pinoys seulement aux États-Unis sans compter que le Canada accepte plus de 25 000 philippins par année. Pas pour rien que vers les 17 heures, les jeepneys de Iligan soient remplis d’uniformes blancs ou verts. Un diplôme en nursing ou en soins infirmiers est un passeport pour se sortir de la pauvreté.

Le salaire moyen pour ce genre de travail aux Philippines est de 8000 pesos par mois (200$) alors qu’une infirmière québécoise gagne 18,07$ /h (860 pesos /h) à son entrée dans la fonction. Sans compter que notre personnel infirmier est aussi attiré par des salaires encore plus avantageux aux États-Unis et dans le reste du Canada. Selon le Philippines Star, des ingénieurs, des médecins et des soldats retournent sur les bancs d’école pour obtenir le fameux papier. Comme l’éducation est privée aux Philippines, c’est la manne pour les capitalistes. Il y a 400 écoles de nursing dans le pays dont certaines nivelleraient par le bas les standards, on parle ici de taux de réussite des examens de nursing tournant autour de 10% et, il n’y a pas de garantie ou argent remise. :)

Une fois le diplôme en poche, ces futurs expatriés doivent se démener avec des agences de recrutement qui leur extirpent d’autres pesos pour qu”elles les connectent avec des employeurs à l’étranger. Habituellement, la famille y investit son pactole, vendant son carabao, en espérant qu’à la fin, la progéniture s’installera quelque part au Nevada et enverra des millions de pesos en retour et remerciements (11 milliards de dollars envoyés par les expats pinoy l’an passé). Bien que beaucoup veulent partir, il y a peu d’élus selon un sondage, 3 philippins sur 10 quitteraient le pays s’il pouvait.

J’imagine que si c’est comme ça ici, ce l’est probablement aussi, en Inde, en Corée, en Chine et au Sénégal.

La prochaine fois que vous allez à l’hôpital, faites un petit sondage pour voir s’il y a des Boboy, Babie, Gigi, Jo-Jo dans le personnel.

* Francisation

Ça faisait longtemps que je n’avais pas visité le site de notre hébergeur, Blogsome. Des usagers ont réussi à localiser le système donc, après quelques heures de bidouillage, j’ai réussi à franciser le calendrier et les archives. Il y a peut-être une autre fonction que je risque d’ajouter d’ici quelques temps si tout va bien. Restez branchés…

* Ça prend

Ça prend 5 jours pour construire une maison;
Ça prend 10 jours pour installer un puit d’eau potable;
Ça prend 50 jours pour construire une route;
Ça prend 100 jours pour construire un pont;
Ça prend toute une vie pour éliminer la haine;
Ça prend des générations pour que la paix se fasse;
Ça ne prend qu’une seconde, qu’une bombe pour tout détruire.
Parlez-vous donc….

* Backpacker un jour….

Dans notre cercle de volontaires, il y a quelques professionnels qui ne font que passer dans leur pays passant d’un placement à un autre, d’une organisation à l’autre. Peur de retour? Je sais pas. En tout cas, il semble que d’autres sont partis en voyage et ne sont jamais vraiment revenus!

Nous avons une règle qui stipule que si tu pars plus de 2 ans, tu reviendras pas avant 10… Ok disons 2 ans et 3 mois pour avoir un coussin de sécurité.

* À gauche, à droite, au milieu

D’habitude, c’est Geneviève qui fait dans la politique. Mais cette fois-ci, je suis tombé sur ce billet au sujet des mouvements politiques de gauche ou de droite. Un point de vue plus coloré, éloigné de la logique noire-blanche qui faudrait peut être considérer dans le futur.

via le Gros Bon Sens

* Le bonheur

Je suis tombé par un hasard sur ce blogue intéressant sur le bonheur.

Parlant de petits bonheurs, aujourd’hui, j’ai exercé mes coups de machette sur quelques noix de coco. C’est pas encore parfait mais l’essentiel est là.

* La rentrée, c’est pas pour tout le monde.

Retour à Dimayon pour mélanger le compost après deux semaines de fermentation. Malheureusement pour nous, USAID et le maire de Tagolo-an ont invité la communauté à un atelier sur la planification du barangay et de toute façon, les fermiers étaient tant curieux, qu’ils n’ont pu résister et ont eux-mêmes mélangé le compost et sont satisfaits du produit. Il ne reste plus qu’à rebrousser chemin vers Iligan.

Sur la route, nous nous arrêtons pour cueillir des noix de coco dans une autre communauté, Inagungan. Quarante noix plus tard, nos hôtes préparent le butong et nous discutons sous l’acajou de la situation de la communauté.

Dans ce petit purok au milieu des cocotiers (seulement deux arbres ont fourni les 40 noix), il y a 16 habitations (toutes en bois avec une toiture de tole), dans chacunes de celles-ci, de 4 à 8 familles y vivent et il y a plus de 60 enfants d’age scolaire (1ère-3e année). L’école la plus proche est à 2 km de marche. Une marche qui mène les enfants dans les profondeurs de la vallée puis sur l’autre versant où est située l’école. Il y a bien une école primaire à Dimayon mais le prof se pointe la binette qu’un avant-midi par semaine. Malgré tout, les enfants apprennent à leur façon avec quelques heures à la maison, quelques heures à la madrasah ou une visite à l’école quand la température le permet. Ils aiment bien, aussi, pratiquer leur quelques notions d’anglais quand on s’y pointe.

Avec 60 élèves, le purok pourrait facilement faire vivre une petite école primaire (surtout en considérant la marmaille pré-scolaire) et la communauté tente de convaincre les instances d’y amener un professeur. Car, ils auront beau construire une belle école toute neuve le long de la route, il manquera toujours le capital humain.

* Le déclic

D’une façon quasi imperceptible, il y a eu un déclic. Quelque part, entre le lobe occipital et le pariétal, un interrupteur s’est mis en mode “retour”.

Le manuel du volontaire spécifie: Le volontaire doit commencer ses préparatifs de retour au moins six mois avant la date prévu de départ. Ce petit déclic initiera donc une longue cascade d’événements qui culminera dans six mois.

La date officielle du retour reste cependant une surprise.

* La route du développement

On le dit et on le redit, passer une journée dans une communauté procure pleins d’émotions et d’aventures. Mardi, j’étais à Dimayon, une communauté de Tagolo-an et la journée n’a pas manqué d’aventure.

Dimayon, c’est une petite communauté agricole nichée sur une série de collines verdoyantes de Lanao del Norte. La vie se déroule comme toujours, pas d’électricité, pas d’eau courante et qu’un petit sentier pour s’y rendre. À pieds, la plus proche municipalité est à deux heures de marche. Mais la situation change, une belle route neuve fait son chemin à travers les champs et devrait arriver à Dimayon d’ici quelques mois changeant pour toujours la communauté, pour le meilleur et pour le pire (c’est selon).

On m’avait invité à discuter compost et agriculture biologique. Comme l’agriculture se fait au rythme des saisons et de la nature, la théorie passe bien après les travaux au champ donc nous avons dû attendre quelques heures avant de pouvoir discuter avec les fermiers. Entre-temps, nous avons pu apprécié les inconvénients de la vie rurale filipina. Pendant que quelques-uns préparait le diner, nous sommes allés chercher de l’eau à la source. Les gallons de plastique multicolores en main, nous avons marché dans les champs avant d’arriver à une petite source. D’un boyau, s’écoulait un mince filet d’eau (encore chanceux, il avait plu la veille) avant que le précieux liquide ne disparaisse dans une flaque où paisiblement, un carabao dormait.

Au retour, on a discuté de la nouvelle route pendant que l’on entendait les marteaux-piqueurs au loin. Les ingénieurs sont passés, il y a quelques semaines, pour délimiter l’emprise. La petite maison près de l’école devra être déplacée, celle du capitaine, installée sur une butte en surplomb de la future emprise risque d’être emportée aux premières pluies diluviennes, même la mosquée pourrait y passer. Et dire que certains disent que la route apportera le dévelopemment (possiblement domiciliaire…). Malgré ces inconvénients, la route permettra de tranporter les récoltes vers Iligan et Balo-i et facilitera l’éducation des enfants (qui pourront aller à l’école).

Les fermiers ont vivement besoin de nouvelles façons de cultiver car la fertilité de leurs terres s’amenuise et les engrais chimiques les font entrer dans un cycle déficitaire sans fin. Les idées de compost, et d’engrais biologiques ont été bien reçues par la communauté, et celle-ci a bien a hâte à la semaine prochaine quand ils construiront le premier composteur de Dimayon.

Pour la fin, une petite recette d’un cocktail fort agréable que Dimayon nous prépare à chacune de nos visite: le Butong

- Une douzaine de noix de coco vertes fraîchement cueillies
- Une boite de lait condensé sucré
a) Ouvrir les noix de coco et réserver 2 litres d’eau de coco.
b) Dégager la chair de coco et la mettre en julienne. Ajouter à l’eau de coco
c) Ouvrir la boite de lait condensé et ajouter à l’eau de coco. Mélanger
d) Déguster. (J’ai l’impression qu’il y a aussi une version alcoolisée avec du Tanduay mais pas chez les maranaos.

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