On le dit et on le redit, passer une journée dans une communauté procure pleins d’émotions et d’aventures. Mardi, j’étais à Dimayon, une communauté de Tagolo-an et la journée n’a pas manqué d’aventure.
Dimayon, c’est une petite communauté agricole nichée sur une série de collines verdoyantes de Lanao del Norte. La vie se déroule comme toujours, pas d’électricité, pas d’eau courante et qu’un petit sentier pour s’y rendre. À pieds, la plus proche municipalité est à deux heures de marche. Mais la situation change, une belle route neuve fait son chemin à travers les champs et devrait arriver à Dimayon d’ici quelques mois changeant pour toujours la communauté, pour le meilleur et pour le pire (c’est selon).
On m’avait invité à discuter compost et agriculture biologique. Comme l’agriculture se fait au rythme des saisons et de la nature, la théorie passe bien après les travaux au champ donc nous avons dû attendre quelques heures avant de pouvoir discuter avec les fermiers. Entre-temps, nous avons pu apprécié les inconvénients de la vie rurale filipina. Pendant que quelques-uns préparait le diner, nous sommes allés chercher de l’eau à la source. Les gallons de plastique multicolores en main, nous avons marché dans les champs avant d’arriver à une petite source. D’un boyau, s’écoulait un mince filet d’eau (encore chanceux, il avait plu la veille) avant que le précieux liquide ne disparaisse dans une flaque où paisiblement, un carabao dormait.
Au retour, on a discuté de la nouvelle route pendant que l’on entendait les marteaux-piqueurs au loin. Les ingénieurs sont passés, il y a quelques semaines, pour délimiter l’emprise. La petite maison près de l’école devra être déplacée, celle du capitaine, installée sur une butte en surplomb de la future emprise risque d’être emportée aux premières pluies diluviennes, même la mosquée pourrait y passer. Et dire que certains disent que la route apportera le dévelopemment (possiblement domiciliaire…). Malgré ces inconvénients, la route permettra de tranporter les récoltes vers Iligan et Balo-i et facilitera l’éducation des enfants (qui pourront aller à l’école).
Les fermiers ont vivement besoin de nouvelles façons de cultiver car la fertilité de leurs terres s’amenuise et les engrais chimiques les font entrer dans un cycle déficitaire sans fin. Les idées de compost, et d’engrais biologiques ont été bien reçues par la communauté, et celle-ci a bien a hâte à la semaine prochaine quand ils construiront le premier composteur de Dimayon.
Pour la fin, une petite recette d’un cocktail fort agréable que Dimayon nous prépare à chacune de nos visite: le Butong
- Une douzaine de noix de coco vertes fraîchement cueillies
- Une boite de lait condensé sucré
a) Ouvrir les noix de coco et réserver 2 litres d’eau de coco.
b) Dégager la chair de coco et la mettre en julienne. Ajouter à l’eau de coco
c) Ouvrir la boite de lait condensé et ajouter à l’eau de coco. Mélanger
d) Déguster. (J’ai l’impression qu’il y a aussi une version alcoolisée avec du Tanduay mais pas chez les maranaos.