* Sari-sari

Je vous ai déjà parlé de C dans un blog précédent. Je ne ré-écrirai donc pas son histoire ici, mais vous raconterai la suite, simplement.

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Scène 1: À la maison, juste après l’un de ses massages:

C: Mom Gen, toi et Sir Yanick quitterez les Philippines bientôt.
Moi: Hum, hum
C: Il faut que je me trouve un travail , autre que les massages, pour faire vivre ma famille.
Moi: hum, hum
C: Est-ce que tu veux m’aider, mom Gen?

Petite pause. J’ai toujours crains ces moments. Ils le disent et le répètent toujours: il ne faut pas prêter d’argent, parce que sinon c’est un cercle vicieux qui s’installe. J’ai déjà prêté des sous à C, j’ai réussi à me sortir de l’impasse mais non sans heurts. Je sais aussi que C est pauvre, que selon ses critères je suis riche. C’est vrai que je m’en vais et qu’elle n’a pas d’autres clients pour l’instant. Qu’elle a 4 enfants, 1 mari. Dilemne moral.

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Scène 2: Quelques semaines plus tard, dans notre cuisine.

C: Mom Gen, j’ai un papier pour toi.

Elle me tend un carton de boîte de céréales, à l’endos écris d’une belle écriture, une liste de produits avec des prix.

C: J’ai trouvé ce que je veux faire mom Gen. Je vais m’ouvrir un sari-sari (dépanneur philippin)
Moi:…
C: C’est la prof de ma plus vieille qui a écrit. Je lui ai demandé d’écrire en anglais les produits que je lui disais et les prix. Je suis allée jasée avec un propriétaire d’un autre sari-sari, je lui ai demandé combien, selon lui, j’avais besoin comme capital de départ, quels produits étaient nécessaires. Mom Gen, peux-tu m’aider?

Re-pause. Pourquoi sommes-nous aux Philippines? Pour contribuer au développement, pour aider les groupes locaux à aider les gens à se sortir de la pauvreté. Ok, elle n’est pas un groupe. En l’aidant directement, on contrevient au renforcement des organisations locales. Mais nous avons un impact direct. Elle a un plan. Elle s’est démerdée pour parler à ses voisins, à la prof, elle est allée chez le grossiste voir le prix des produits. J’admire ça. Elle a refoulé sa fierté pour demander un micro-prêt. Je respecte ça. Et surtout elle a raison: une fois que nous serons partis, plus de massage (différentes raisons, la principale n’étant pas le manque de la demande, mais plutôt la prolifération de l’offre. En deux ans, j’ai vu au moins 4 salons de massage ouvrir!). Échange de regards et de quelques paroles avec le frisé.

Moi: Sais-tu tenir un inventaire et faire un suivi des finances?
C: Non.
Moi: Veux-tu apprendre?
C: Oui!

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Scène 3: Chez C dans son sari-sari.

Yanick et moi, grignotant les biscuits qu’elle nous a fièrement offert à notre arrivée: Wow C, il est vraiment bien ton sari-sari!!

C: Mom Gen, Sir Yanick je suis tellement contente! Maintenant nous pouvons manger à tout les jours. Le sari-sari fonctionne, les voisins sont contents, mon mari à un emploi, moi aussi!! Tout va bien!!

Et c’est vrai qu’il est bien son sari-sari. Finalement, ils l’ont mis dans leur maison. Son mari a construit une petite extension à leur maison. Ils sont fiers: il y a des gens qui achètent leurs produits, qui placotent sur le perron. Les gens sont contents, parce que l’autre sari-sari est loin: en bas de la côte.

Nous placotons quelques minutes. Je sors un sac de mon sac, le tend à C. Un peu perplexe, elle le vide de son contenu. Il y a un ledger (sais pas le nom en français, mais c’est un livre pour tenir un inventaire), une règle, des crayons, une aiguise.

C tout sourire: Ah oui, c’est vrai, mon inventaire! Je ne sais pas comment faire mom Gen, mais je sais que je peux apprendre! Après tout, j’ai réussi à ouvrir mon sari-sari. Et ça marche! Je suis intelligente!!!

Comment, et surtout pourquoi, a-t-elle pu en douter avant??!!!

* Free alliance

Pour faire suite à l’autre entrée, le monsieur disait que la revendication du MI n’était ni l’indépendance ni une fédération mais plutôt l’établissement d’une “Free Alliance”. Supposément que le modèle du MI serait l’entente qu’il y a entre les Îles Cook et la Nouvelle-Zélande.

Y a quelqu’un d’entre vous qui connais ça?????

* Captivante la politique ou Politique Mindanao 101

Aujourd’hui une des ONGs avec qui on travaille a organisé une séance d’information sur les négos qui ont lieu en ce moment entre le Gouvernement des Philippines, ou le GRP (Government of the Republic of the Philippines) et le MILF (Moro Islamic Liberation Front). Le gars qui parlait est prof à l’université d’Iligan et surtout est membre du panel de négo pour la partie gouvernementale. Sur une dizaine de représentants du GRP, un minimum de 3 viennent de Mindanao (parfois plus car ils ont des membres-invités en fonction du sujet négociés, en tout les cas ils sont toujours minoritaires même s’il s’agit d’un problème plutôt spécifique à Mindanao, à mon humble avis!). Bref, ces négos durent depuis un bon bout maintenant (plus de 2 ans) et là les rumeurs veulent qu’on soit près de signer un accord. D’où l’intérêt de la séance d’information.

Cette séance à été captivante! Mais pas nécessairement en raison du contenu de la présentation du monsieur. Ce n’est pas vraiment de sa faute: il faut dire que les négos se font dans le plus grand des secrets et qu’à chaque fois qu’il y a eu des ‘fuites’ ça a toujours créé plus de bordel que d’autres choses. Mais le secret qui entoure les négos a pour résultat que tout le monde répète toujours un peu la même chose. Que voulez-vous ça avance à pas de tortue un traité de paix et le plus grand succès est surtout d’arriver à créer, et maintenir (!), un climat de confiance entre les différentes factions. Pour l’instant, disons que c’est réussi et que je comprends la volonté de maintenir le secret.

Bref, ceci dit, il y a quand même eu quelques informations forts intéressantes. Entre autre sur le résultat des recensement de Cotabato (ville du sud de Mindanao aujourd’hui capitale de la région ARMM, Autonomous Region of Muslim Mindanao). En 1919, les mulsulmans y étaient largement majoritaire, suivi de près par les autochtones (ici appelé Lumad) et enfin par les Chrétiens. 1940, les Musulmans sont toujours majoritaires, mais avec un écart plus petit, ensuite viennent les Chrétiens et ensuite les Lumads. 1970: Largement majoritaire….les Chrétiens, les Musulmans composent maintenant environ 30% de la population et les Lumads moins de 9%! Le dernier recensement date de 2000 mais les résultats sont tellement contestés (vraiment politique un recensement!), que le prof n’ose pas les utilisé.

Est-ce à dire que les chrétiens sont de chaud lapins qui se multiplient à bouche que veux-tu? Pas nécessairement. En fait, ceci est plutôt le résultat de la politique de “relocalisation” des Chrétiens. En effet, suite à la 2e guerre mondiale, les Américains et la Haute Classe Dirigeante Pinoy (HCDP), ont décidé de ne pas attaquer de front le problème musulman au sud des Philippines mais plutôt d’y envoyer des colons chrétiens en leur allouant des terres à Mindanao. Ceci permettait à la HCDP et aux amerloques de faire une pierre deux coup: calmer les énarvés du Nord qui réclamaient une redistribution des terres sans pour autant leur céder les terres arables du nord des Philippines (ainsi de nos jours la Haute Classe Dirigeant Pinoy est toujours largement propriétaire terrienne à l’extérieur de Mindanao, et ce malgré deux soulèvements populaires et de nombreux changement de régime politique!) en leur donnant des terres du Sud et faire de la majorité mususlmane du Sud une minorité. Appuyé par le Land Act (première version 1901, deuxième 1919 et dernière 1939) qui alloue 16% des terres aux Chrétiens, 4% aux Musulmans 0% aux Lumads et le reste se partage entre État et corporations, cette politique a eu un succès fou en terme de noyade du fait musulman, mais est aussi en grande partie responsable du conflit armé qui sévit à Mindanao depuis 1970. Et ceux qui souffrent de cet état de fait n’est pas la Haute Classe Dirigeante Pinoy, ni les intérêts économiques et surtout militairement stratégique des amerloques, mais bien les gens (settlers -comme ils appellent les Chrétiens-Musulmans ou Lumads!) vivant à Mindanao. La guerre profite aux riches et tue les pauvres.

Autre info intéressante dans la présentation du monsieur, est le bref aperçu des trois thèmes majeurs des négos: sécurité, gouvernance et partage des terres. Question sécurité, depuis la signature du cessez-le-feu en 2004 et la mise en place de la International Monitoring Team (dirigé par la Lybie, qui était médiateur lors de l’autre conflit avec le Moro National Liberation Front -MNLF dont l’accord de paix a été signé en 1996 et a donné naissance à ARMM, en-tout-cas, un autre sujet passionnant!) les escarmuches entre MILF et les forces armés pinoys sont passé de plus de 200 en 2004, à une vingtaine en 2005 et pour 2006, le mois d’avril est le premier où aucune escarmouche n’a eu lieu! Ce sont quand même de bonnes nouvelles!

Les questions de la gouvernance et celle du partage du territoire sont quant à elles passionantes. Pas tant en raison de la présentation du monsieur (là il y allait gros comme le bras dans la redondance) mais plutôt à cause des questions du public. La peur, les préjugés et surtout les fins stratèges se sont faits voir!

1) Peur et préjugés. Premièrement, je dois dire que la salle était composée majoritairement de Chrétiens (donc de descendants de “settlers”). L’un des membres de la salle aurait entendu dire par quelqu’un qui aurait l’oreille du responsable de la sécurité de la présidente et du commandant du MI, que les gens du MI ne croyant plus en l’honnêteté du gouvernement philippin aurait décidé de retourner en guerre et de la commencer à Lanao Norte, là où se trouve Iligan. Cette affirmation a suscité une série de commentaires semblables, tous invérifiables mais tous faisant montre d’une crainte terrible du retour à la guerre (faut dire que le dernier épisode guerrier remonte à 2003, donc pas si loin!) mais aussi d’une certitude que seul le MI peut briser le cessez-le-feu. Préjugés, quand tu nous tient!

2) Une autre des rumeurs persistante est que le MI revendique environ 80% du territoire de Mindanao, et ceci incluerait Iligan. Concrètement, ça veut dire que Iligan serait sous gouverne musulmane. L’inquiétude des “settlers” se comprend, surtout lorsque l’on ajoute ça à l’autre rumeur qui veut que le MI ait maille à partir avec le respect des traités internationaux sur les droits humains et que sa volonté serait de créer un Etat islamiste (donc appliquer, par exemple, la Sharia). Je tiens à préciser qu’il s’agit de RUMEURS!!! mais ceci traduit des craintes réelles et justifiables. Malheureusement, dû au secret, le monsieur a été dans l’incapacité de commenter ces craintes.

3) Dans la catégorie remarques stratégiques je classerais 2 catégories de participants: 1)les environnmentaleux et 2) les rebelles. Commençons par les rebelles :) En ce moment, il y a aux Philippines de forts mouvements sociaux pour changer la Constitution et de faire des Philippines une fédération parlementaire (même système politique qu’au Canada quoi! Moins la reine. Sont pas cons, quand même!) Si l’idée d’un système parlementaire à l’appui de la Haute Classe Dirigeante Pinoy (qui espère de cette façon maintenir son pouvoir en Chambre malgré corruptions et scandales, comme l’ont fait pendant si longtemps nos libéraux fédéraux), celle de la fédération passe plutôt de travers. À Mindanao cependant, beaucoup (settlers et autres) souhaiteraient voir la naissance d’une fédération et ainsi avoir plus d’autonomie par rapport au gouvernement central et aussi plus d’argent (il est fascinant que Mindanao produisent 60% des revenus des Philippines, mais que l’Île demeure l’un des coins les plus pauvres des Philippines!). Cependant, sans l’appui de la HCDP se projet est quasiment mort-né. L’espoir des rebelles? S’allier avec le MI, qui a l’oreille du gouvernement, et convaincre le MI d’exiger et d’obtenir une fédération. Ainsi, les régions “musulmanes” à titre de province auraient une plus grande autonomie et de plus grans pouvoirs et, par la bande, les autres parties de Mindanao en profiteraient et deviendraient elles aussi des provinces avec plus de pouvoir et d’autonomie. Revirement d’alliance plutôt intéressant, non?

Les écolos eux, sont un peu moins rigolos, mais quand même assez justes. Leur crainte est la suivante: si les Bangsamoro (Peuples Moro) obtiennent l’auto-gouvernance et surtout le contrôle de la gestion de leurs ressources naturelles, qui sera en mesure de garantir un développement contrôlé et surtout respectueux de l’environnement pour Mindanao? Leur crainte est juste en ce sens que dû aux conflits armés, les ressources naturelles sur le territoire musulman sont inexploités. Et Dieu sait qu’il y en a de la ressource, surtout en terme de minerais. La crainte des écolos est donc que le gouvernement et le MI s’entendent pour exploiter de façon anarchique ces ressources. En gros, que les musulmans se fassent acheter. J’ai toujours de la misère avec ce type de raisonnement, car il faut dire que les régions de Mindanao les plus “riches”, par ailleurs à forte majorité chrétienne, (Cagayan, Davao, Bukidnon, voire même Iligan) se sont développées au détriment de l’environnement, alors qui sont-ils ces settlers pour faire la morale aux autres? Et surtout, qui sont-ils pour croire que l’environnement ne serait pas important aux yeux des Bangsamoro? Les changements climatiques, tout le monde en subit les conséquences (sauf peut-être Bush et Harper, mais ça c’est un autre dossier!)!

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En bref, une discussion politique captivante, des analyses de stratégies pour atteindre ces fins fascinantes (je devrais vraiment lire Mao!) et tout ça live! Ce n’est plus de la théorie, ni des livres, mais du vrai-de-vrai! J’adore!

D’ailleurs tout le temps de cette discussion, je n’ai pas pu m’empêcher de penser la comparaison suivante (je ne suis pas certaine qu’elle soit juste, mais je vous la partage quand même) :

C’est un peu comme si les autochtones du Québec avaient pris les armes et maintenant négocieraient avec le gouvernement fédéral un traité de paix. Ce traité incluerait nécessairement une division du territoire actuel du Québec, cependant aucun “officiel” du gouvernement québécois ne participerait aux négos. De plus, la base légale sur lequel se baserait la position du gouvernement fédéral serait la Constitution canadienne (ce qui est le cas dans la négos GRP-MILF. Le GRP doit agir dans l’esprit et dans les limites de la Constitution pinoy, constitution que la majortié des mindanawan, Musulmans, Lumads et settlers mélangés, souhaitent modifier), alors qu’on sait tous que le Québec ne reconnaît pas cette Constitution….J’avoue que moi, dans cette situation là, j’aurais aussi drôlement peur de me faire b****r!

    * À mon retour…

    Je n’en reviens tout simplement pas que cet huluberlu de Harper soit encore Premier Ministre! Je vous dis que lui pis Charest font toute qu’une paire!

    Dès mon retour, je m’y met (ok, pas toute seule) et je travaille d’arrache-pied pour les mettre dehors ces morons là! Surtout, surtout, je vais participer à la construction d’alternatives politiques intéressantes…et bien sûr je vais commencer par le Québec!

    Attendez-moi pas: j’arrive!

    * Aaarrrggghhhh ou I will survive!

    Il y en a des semaines comme ça, j’imagine, mais une chance qu’il n’y en a pas trop!

    Vendredi-samedi-dimanche dernier: Phase 1 du plan stratégique avec une gang de prof d’universités. J’en avais mal au coeur juste d’y penser: ça s’est super bien passé.

    Mercredi-jeudi-vendredi dernier: Atelier avec un groupe, que je connais plutôt bien, pour faire la planification annuelle de leurs projets. Tout allait assez bien, du moins je croyais. La dernière journée le Président de leur Conseil d’administration, que je n’avais jamais vu ni d’Ève ni d’Adam et surtout qui a refusé de participer durant l’atelier, se lève pour dire: L’approche participative ça ne vaut pas de la mxxxe, le résultat de vos 2 jours 1/2 de travail c’est nul: à moi tout seul j’aurais fait mieux. Et vlan, dans les dents! Rébellion dans les rangs, le staff grogne et cogne (pas vraiment, mais je trouvais ça beau cette phrase!) le Directeur se cache. Et moi??? Je ris, que faire d’autres?

    Lundi-mardi-mercredi: Oui, oui aujourd’hui. Un autre atelier, avec un autre groupe pour peaufiner leurs nouveaux programmes, la structure de leur organisation et les descriptions de tâches du staff et du CA. Je me pointe lundi am, pars a 5 heure du matin (!) de chez-nous pour me rendre au lieu de l’atelier pour…apprendre que c’est annulé!

    Ah bordel!

    J’ai hâte à lundi prochain: c’est les vacances!

    * Les joies de l’alphabétisation

    Moi: Alors, est-ce que les gens de vos communautés sont satisfaits du projet proposé?

    Elle (Chargée de programme locale qui met en oeuvre le projet VSO): Oui, surtout le volet alphabétisation.

    Moi: Ah oui? Pourquoi?

    Elle: Aux prochaines élections ils seront certains de voter pour le candidat de qui ils reçoivent de l’argent.

    Moi: ?????????!!!!!!!!!!!!

    * Ce soir, entre les deux j’hésite…

    J’hésite entre:

    1) Clâmer le droit à la liberté d’expression

    Ou

    2) Comme quelqu’un d’autre l’a si bien dit:

    “Tester la liberté d’expression” ? Quel doute avons-nous à cet égard ? Et surtout, est-ce dans l’offense qu’il convient de tester la liberté d’expression ? Je suis libre de la proférer, et je veux l’être, mais je suis surtout suffisamment responsable pour m’en abstenir. Je sais que je dispose de cette liberté, mais au-delà de celle-ci, la valeur absolue, c’est le respect.

    http://koztoujours.free.fr/index.php/2006/02/01/pathetique-occidental/

    Liberté d’expression? Respect de l’autre?

    Dans tous les cas, il demeure que la rapidité des réactions, l’escalade de la violence, des deux côtés, je tiens à le préciser, car que ce soit les réactions les pro-libertés d’expression qui bashent à écrits que veux-tu contre ces intolérants religieux, ou encore celle de ces pro-religieux qui manifestent, légalemment à ce que je sache, contre ces hérétiques me font peur. Chacun dans son camps.

    Est-ce qu’on pourrait pas prendre le temps de respirer par le nez un peu, question de comprendre ce qui nous arrive?

    Voici un lien que moi j’aime bien suivre: http://www.rundom.com/houssein/

    Ou encore la philo, ça pourrait pas nous aider un ti-peu là?

    * Les multiples visages de la coopération

    L’autre jour, j’ai accompagné Cynthia (ma masseuse…je sais ça sonne terrible mais bon c’est ça qui est ça!) au City Health Office pour qu’elle rencontre Cora, ma copine travailleuse sociale.

    Début de la parenthèse. Cynthia vient de Manille. Elle a un mari, trois enfants et un quatrième prévu pour hier. À chaque fois qu’on se voit, on parle de sa famille, de son petit gars qui s’en vient. Après 3 filles, elle est bien contente d’avoir un gars. Elle se dit que maintenant elle pourra accepter les condoms que je lui offre constamment. Chemin de conversation faisant, on parle de la façon dont les gens la traitent à l’hôpital, elle, mais aussi ses enfants. Du coûts des médicaments, d’un accouchement.

    Je dis: Ouille, mahal kaayo (lire c’est cher en ti-péché! Il va m’en falloir des massages pour payer ça!)
    Elle me dit: Pas grave Mom Gen, je vais accoucher à la maison avec une sage femme, c’est beaucoup moins cher.

    Mais vous connaissez la vie, elle est mal faite des fois. Cynthia a besoin d’une césarienne. Mahal kaayo cent fois! Une année de massage ne sera pas assez. Putain!

    Je soupçonne une escroquerie. En parle avec Cora qui me dit: “Viens avec Cynthia lundi prochain, je vais voir ce qu’on peut faire.” Fin de la parenthèse.

    Cora parle avec Cynthia, s’informe de sa situation familiale (si elle est victime de violence familiale - Jamais!-, si ces enfants vont à l’école - Juste une: la meilleure. Ça coûte cher l’éducation!), de sa situation financière (si elle travaille? Bien sûr, y a justement une de mes clientes avec moi! Et votre mari, il travaille?-Silence. )

    Cora informe Cynthia que puisqu’elle vit sous le seuil de la pauvreté (10 000P par mois.) elle devrait demander un certificat de pauvreté (!-eh oui, vous avez bien lu) dûment signé par son Barangay Captain (sais vraiment pas comment traduire ça, le plus proche serait conseiller municipal, je crois) elle a droit à des services gratuits au City Health Hospital (Comprendre: Césarienne gratos!) et à 20% de rabais sur les médicaments. En plus, puisqu’elle est handicapée (elle a un oeil qui zozotte!!!), elle pourrait avoir droit à un autre 20% supplémentaire. Mais pour ça, elle doit aller voir un autre organisme à l’autre bout de la ville pour avoir une étampe.

    Ok, c’est chiant la bureaucratie, les heures d’attentes et les milliers de papiers à remplir, mais je m’attendais à voir, sais pas, un peu de joie dans les yeux de Cynthia. de la reconnaissance. Mais non. J’y ai lu déception, amertume.

    Moi: Qu’est-ce qu’il y a?
    Cynthia: Tu te rends compte, Mom Gen, que ça veut dire que les gens de l’hôpital me volent depuis le début?
    Moi:…
    Cynthia: Pis que là, non seulement, je vais devoir retourner les voir, mais en plus je vais devoir leur montrer mon certificat de pauvreté? Je ne suis pas pauvre, je travaille, moi!
    Moi:…
    Cynthia: Déjà qu’ils me traitaient mal!

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    Nous sommes chanceux au Québec d’avoir eu des leaders qui ont décidé que les services d’État seraient les mêmes pour tous, indépendamment des revenus.

    Nous sommes chanceux au Québec d’avoir eu des leaders qui ont pensé que de payer justement les gens qui offrent ces services était garant de l’honnêteté et de la dignité de ces travailleurs (come on: voler quelqu’un qui vit avec moins de 2 dollars par jours?! C’est minable.)

    Ces principes valent la peine d’être défendus. Ardemment.

    * Front commun

    S’ils sont capable de faire reculer les puissants de ce monde, pourquoi ne serions-nous pas capable de mettre dehors ces libéraux?

    D’ailleurs, depuis que je suis ici, une de mes missions est de convaincre les gens des Philippines que la majorité des québécois ne bénéficient pas de la libéralisation de l’économie et de la dévaillance de l’Etat.

    Ce n’est pour sonner trop, trop international communiste, mais pourquoi ne pas s’unir pour avoir un monde plus juste?

    * Ce n’est pas pour faire de la politique, mais…

    Ce n’est pas pour faire de la politique, mais allez-vous (oui, oui, vous Québécois résidant au Québec) finir par foutre dehors ce satané gouvernement libéral? Je suis bien prête à revenir au pays juste pour leur mettre mon pied au derrière, et leur montrer ipso facto la porte de sortie. Au chevelux en premier!

    Bâillon sur bâillon, loi spéciale après loi spéciale, décret sur décret, que vous faut-il de plus pour vous persuader qu’on se fait b****r haut la main?

    La pauvreté devient rampante (saviez-vous qu’il y a un village à Sept-Îles qui n’a pas d’eau courante? En 2005! Et non, il ne s’agit pas d’une réserve!), augmentation de l’écart entre les privilégiés et les autres, disparition des logements à prix abordable (pas à prix modique, abordable bordel!), qu’il devient de plus en plus difficile de trouver une job intéressante et avec une certaine sécurité (faite-moi pas croire que vous avez gober le truc de: vous n’avez pas de sécurité, mais beaucoup plus de liberté…si oui, on s’en reparlera lorsque vous tenterez d’envoyer vos enfants à l’école, d’avoir accès a des soins de santé décents, des conditions de travail minimale et autre!).

    Ce n’est pas pour faire de la politique, mais l’État québécois abdique son rôle de législateur, de protecteur du bien commun, (que se passe-t-il avec l’énergie renouvelable, le développement durable, les transports en commun, le commerce équitable, la production biologique, l’égalité des chances???? ) au profit d’un rôle bien plus lucratif soit celui d’administrateur, entremetteur, entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas. Ils vendent à rabais (sans taxes, sans impôts, sans lois de protection environnementales, sans normes minimale de travail…) nos, vos!, compétences, savoir-faire, techniques, ressources naturelles et j’en passe, auprès d’acheteurs potentiels!

    Non mais que vous faut-il pour vous convaincre qu’on se fait b****r? Une fonction publique qui fonctionne à coups de pots-de-vin? Des profs qui refusent d’enseigner pour cause de salaire indécent? Des enfants dans la rue par manque de CPE? Une hausse du taux d’analphabétisme? Un corps policier corrompu? Des travailleurs qui crèvent dans leurs usines insalubres (mais bien sur elles se seront multipliées sur notre beau, bon, pas cher territoire québécois, tout comme elles le font dans toutes les maquiladoras et zones franches de ce monde!)

    Que vous faut-il de plus pour vous convaincre qu’on se fait royalement f*****r? Qu’attendez-vous pour sortir dehors leur montrer la porte?

    Avons-nous perdu (l’avons-nous déjà eu?) notre capacité a s’indigner et a dire: Assez, c’est assez.

    Que vous faut-il de plus pour vous convaincre que la différence entre le Québec et les Philippines tient à un fil: le rôle de l’État! La différence entre ici et la-bas, est si minime et qui si on apprend pas à gueuler, tous ensemble eux et nous, pour se protéger, pour avancer, pour partager, égalité et développement vont simplement signifier partage de la misère. Chez-eux comme chez-nous.

    Ya Basta!

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