* Les vieilles villes coloniales

La Malaysie a ete le lieu d’échanges depuis plus de 600 ans. Les premiers 200 sans qu’aucun blanc ne se pointent (arabes, indiens, chinois se partageaient la route des épices et de la porcelaine). Puis sont arrivés les blancs (portuguais, hollandais et anglais). Ces derniers sont restés collés le plus longtemps et ont refaconné trois centres de commerce importants: Georgetown, Melaka et Singapour.

Alors que Georgetown (Penang) continue de prosperer commercialement au niveau de la Malaysie, Melaka s’est definitivement tourne vers le tourisme (un peu trop peut-etre). Singapour est une autre histoire que nous visiterons dans les prochains jours.

De grandes similarites entre Penang et Melaka: les “shophouses” des quartiers chinois. Habituellement, un commerce au niveau du sol puis les habitations au second etage, le tout entrecoupe de puits de lumieres ouvert sur le ciel.

La presence de tout ces cultures peut creer de beaux amalgames. La mosquee de Melaka (installee dans le quartier chinois) est de type sumatra avec un minaret d’inspiration balinais avec des touches bouddhistes. Puis de l’autre cote de la rue, un temple taoiste et plus loin un temple hindou. Sans compter que l’eglise St-Paul installe sur la colline fut un jour, catholique, reformee de Hollande ou anglicane.

Les seules qui n’ont pas vraiment laisser de traces physiques de leur passage sont les japonais pendant la 2e guerre. Cependant, a croire notre guide, les traces sont marquantes dans le psyche des habitants de la Malaysie.

* Ohhh Malaysia

Apres la fin, il faut un debut. On debute donc notre voyage en Malaysie pour deux semaines.

Quoi dire de la Malaysie, si ce n’est Wow! En deux jours, nous avons vu des mosquees, des temples hindous et bouddiste, une cite administrative du 21e siecle. Nous avons mange arabe, chinois, iranien, portugais et indien (je sais on mange 5 fois par jour… :) Toutes les cultures du monde se cotoient sans friction apparente.

Et Kuala Lumpur (ou KL pour les intimes) se developpe a un rythme effarant, il y a des grues partout, on construit des autoroutes et des viaducs. Il y aurait moins de deux millions d’habitant mais la quantite de gratte-ciels nous confond et nous fait croire que nous sommes dans une megalopole. Un autre monde compare a Manila et Montreal.

* Échec culturel

Ça fait exactement deux ans que nous sommes ici. Deux ans à s’immerser dans la culture pinoy et iliganone. Aujourd’hui, nous avons montré une fois de plus que nos racines sont vraiment occidentales.

L’affiche indiquait Kasadya 2006 - Street Dancing and Merry-making competition - 7am Anihaw Amphitheater. L’an dernier, nous avions raté Kasadya 2005 mais pas cette année. Le réveil sonnat à 06:15. À 06:40, nous étions déjà en route pour l’amphithéatre (le Anihaw est un amphithéatre de type romain situé sur la colline de l’hotel de ville.) À 07:00, nous sommes assis dans les estrades de béton. Pas un chat ou presque. Après avoir discuté avec les employés du Dunkin Donut mobile, on apprend que la parade part à 07:00 du port pour monter ici. Pas de problème, ils devraient arriver pour 08:00.

Dix heures, la foule est compacte et les premiers sons de tambours annoncent l’arrivée des participants. Quand nous sommes partis vers midi, nous avions vu que 4 danses toutes aussi éclatantes et colorées mais nous avions les fesses en compote….

Après deux ans à Iligan, nous aurions dû comprendre que 7h du matin sur une bannière de la ville veut probablement dire que l’activité commencera vers les 10h…

Ahhhh! on se reprendra l’an prochain.

note: Le concours de photos de la Kasadya pour les intéressés.

* Capitaine Jeff

Il était accoudé à la table du restaurant et sirotait une bouteille de Coke aux arômes alcoolisées. Captaine Jeff, un veil anglais installé à Malapascua, nous proposait une virée dans les iles désertes entourant Malapascua avec un bon BBQ sur la plage et du snorkeling à travers le corail. Fantastique, dirons-nous. On s’informe du bateau, de la distance, du nom de l’ile. Il nous répond, it is a virgin island over there. Pas de nom alors que toutes les iles aux alentours en ont. Première anguille sans compter que le centre de plongée à annuler la sortie du jour à Gato Is. à cause des conditions de la mer.

On accepte l’offre et se revoit le lendemain matin.

Neuf heures, la mer semble un peu agitée, Capitaine Jeff nous rejoint sur la plage. Changement de programme: l’ile vierge serait trop loin, il propose Carnasa Is. au nord de Malapascua. La mer y sera plus calme indique-t-il. En attendant sur la plage, Rico notre rabatteur, s’informe de -notre destination.

- Hey Nick, you are going to Carnasa Is. with the Captain
- Yes, why?
- Captain is the best canvasser of all Malapascua. He is our heroe…
- …
- What is the name of the boat?
- Darlen.
- Oooh, very good boat, New.
avec un ton plus ou moins rieur.

Le groupe s’installe sur le bateau: Nous, un jeune couple flamand, un couple sud-africain et une famille grecque. Le Darlen est loin d’être neuf, les bancs en contreplaqué craquent sous mon poids. On parlerait plutôt d’un bateau philippin normal. Le bateau remonte la côte est de l’ile, protégée des vagues et de l’abagat. À la pointe nord, les vagues prennent de l’ampleur mais tout semble sécuritaire. À mi-chemin, les vagues ont plus de 10 pieds, la petite fille a le mal de mer. Capitaine Jeff est plutôt vert. Les stabilisateurs en bambou perdent de leur efficacité. Après un consensus, le groupe décide de faire demi-tour ayant perdu la confiance en Capitaine Jeff.

Nous atteindrons la pointe nord une heure plus tard, le stabilisateur gauche inutilisable. Au moins nous sommes sur la terre ferme et on peut rentrer à pied. Tout le monde est en colère. La famille grecque croyait à une promenade tranquille en bateau. On avait mis notre vie en danger. L’équipage confirme que c’était la bonne décision de retourner alors que le capitaine ne le croit pas encore.

Capitaine Jeff est dans le trouble. Ses clients ne veulent pas payer. L’équipage doit réparer le bateau à ses frais. Sans argent et malade, il est condamné à errer sur Malapascua comme il nous l’a dit lorsque nous l’avons revu.

P.S. Ce n’est pas la première fois que le capitaine fait la manchette, Google répertorie au moins deux autres mésaventures.

* Camiguin revisitée

Pour la fête du Canada ma fête, nous sommes retournés à Camiguin. Cette fois-ci avec notre visiteur de l’été, G. Bien installés à Enigmata (notre base depuis les dernières visites) et hors-saison, Camiguin nous appartenait. Tellement tranquille, que j’ai pu jouer au chef dans les cuisines professionnelles de Enigmata. Au menu, pates aux tomates à la crème et Whippet…

La mer était un peu mouvementée, l’habagat est en ile mais l’eau est toujours aussi agréable. Pour cette visite, quelques innovations, Katibawasan Falls et l’ile de Mantigue. Comme partout aux Philippines, les chutes et cascades sont des lieux de prédilection pour l’éco-tourisme. Entourée de jungle et mesurant 250 pieds, Katibawasan Falls est impressionnante. L’eau termine sa chute dans un bassin où on peut se baigner.

Une autre aventure nous à amener à Mantigue, une petite ile dont on peut faire le tour en 15 minutes mais dont les eaux sont claires et limpides. À Mantigue, les 300 habitants cultivent les algues et pêchent. Les algues termineront leur course dans la crème glacée Choix du Président. En arrivant sur l’ile, on rencontre Rico qui nous offrent sa grande table de bambou et une bonne bière froide. Il partira ensuite pour récolter deux aiguille crocodiles (qu’ici on appelle Balo). Il les grillera sur du charbon de coco pour un délicieux diner. Rico nous expliquent ensuite que les algues qui sèchent seront envoyées à Cebu par traversier et que l’eau fraîche vient du mainland, Camiguin. Les enfants peuvent aller à l’école primaire ici mais la suite se fait à San Roque, sur la terre ferme. Transport assuré par les pêcheurs.

Après une baignade, on repartira reposé vers la terre ferme avec 2 kilos de coquillages en se demandant qu’est ce que le développement leur apporterait de plus… Nous cherchons toujours la réponse.

* Théories capitalistes

Les économistes s’entendent pour dire que le prix d’un produit augmente avec la quantité achetée, quoique le prix à l’unité peut-être plus bas. Vingt-cinq calamansi pour 5 pesos, 100 pour 15 pesos. Raisonnable non? On pourrait parler d’économie d’échelle.

Dans le cas des billets d’avion, les théories capitalistes en prennent pour leur rhume. Selon le graphique ci-dessous, une compagnie aérienne (disons anonyme car les billets ne sont pas achetés encore …) paye ses passagers 37$ pour prendre un vol Détroit-Montréal (DTW-YUL) lorsqu’ils arrivent de Manila (MNL) alors que les ceux qui visiteront Montréal depuis Détroit devront débourser 895$ pour le même vol.

vol
Et dire que pour ce 895$, ils n’auront même pas le droit à un petit sandwich gratuit. Donc il en coûte moins pour traverser la planète que les Grands Lacs. Pensez-y (comme dirait RBO).

Au fait en sens inverse, le billet Montréal-Manila est 2200$ (aller simple). Allez comprendre. Pas pour rien que la compagnie est sous la protection du chapitre 11 comme disent les Américains avec des prix pareils.

Que penser de ces règles tarifaires, comment ça fonctionne, j’en ai aucune raison mais une chose est certaine, on rentre le 6 décembre.

* Panglao

Troisième visite à Panglao pour notre conférence annuelle des volontaires (organisée brillament par Geneviève). Alors que nous avons apprécié agréablement nos précédentes visites, cette fois-ci, Alona Beach semble être à un tournant au niveau touristique. Un tournant qui risque de ransformer cette belle plage de sable blanc en un temple du tourisme de masse sans considération pour la communauté.

Il faut comprendre que lors de notre passage en 2005, l’ambiance était plutôt « backpackers » avec plusieurs huttes de bambou, quelques restaurants et bars qui offraient des grillades fraîches. Cette fois-ci, de nouvelles constructions très design ont remplacé les huttes de bambou, les tables de plastiques ont cédé leur place à de grandes tables de teck et chaise en rotin. Plus d’une cinquantaine de bateaux de plongée sont amarrés dans la baie. Certains plongeurs locaux disent même que la visibilité des sites de plongée est très faible car il y a trop de bulles… L’augmentation du nombre de chambres combiné à des fosses septiques défaillantes font en sorte que la plage autrefois très propre, est maintenant envahie par des algues vertes sans compter que l’eau des puits est rendu saumatre.

Nous en discutions avec plusieurs volontaires de cette course au développement touristique où la recherche des prochaines plages idylliques semble créer beaucoup plus d’impacts négatifs que positifs surtout à long terme. Le tourisme est en expansion, les touristes veulent toujours plus pour moins, certains sans considération pour la culture locale. Les Philippines sont maintenant arpenter par les chasseurs de plages. Comment faire pour que chacun se développe de façon durable et en harmonie.

En terminant, une rumeur circulait à Alona, le propriétaire allemand d’un grand hotel luxueux de la place aurait dit que le mieux serait d’empêcher les Philippins sur sa plage pour garder un certain chic… En fait même les étrangers n’y sont pas les bienvenus selon notre expérience personnelle.

* Chronique d’un naufrage annoncé

Elle: Veux-tu faire un tour de banca autour des iles?
Lui: ! Euhhh! Ok!
Le propriétaire de la banca: Tambok kaayo kami…
L’ami du proprio: Wala’y problema!

Sur l’eau en face du patio, lui: Pourrais-tu écopper un peu.
Elle: Oui…. Et hop! Tout le monde à l’eau et l’audience qui s’éclate de rire.

Un peu plus tard, là où la baie devient mer.
Elle qui écope: Je pense que nous avons une fuite.
Lui: C’est normal, il a des vagues.
Lui: Regarde la poupe est au niveau de l’eau
Elle: Non, on coule…..

Deux joyeux lurons qui poussent, qui nagent pour ramener la banca jusqu’au rivage à l’insu de l’audience.

Lui: Oo, Tambok kaayo ko!…..

De la place pour deux? Évidemment

* Balnéarité à l’occidentale

Le Lonely Planet glissait quelques mots sur le Baliangao wetland Park dans sa section sur Mindanao. Internet rapportait de beaux récits sur la municipalité. Quelques jours de congé nous y attiraient.

Habituellement, pendant les congés, nous filons vers l’est mais cette fois-ci, on met le cap vers le nord-ouest, dans les provinces de Misamis occidental et de Zamboanga del Norte. La route pour Calamba longe des milliers de rizières et traverse multiple mangroves et villages. Bien campé au nord-ouest, le bus arrête à Calamba, là où le touriste est plutôt rare. De négociations en négociations, nous réussissons à prendre un motorela (une moto avec un sidecar) pour Baliangao.

Contrairement au reste de la région, Baliangao semble tranquille. Sur la rue principale, un seul sari-sari pour faire ses achats et quelques belles maisons coloniales en bois. Puis au bout de la route, la baie des chauves-souris parsemée d’iles et d’ilots rocheux, de plages et de mangroves. En fin de journée pendant que la marée est à son plus bas, la multitude ne fait plus qu’un, un immense plateau qui se frotte à la pleine mer.

La marée basse permet d’explorer les iles voisines, d’y rencontrer les pêcheurs et d’admirer le coucher de soleil. La marée haute nous permet de snorkeler et de visiter les magnifiques plages désertes du bout de l’ile Cabgan (Pas de photos car le voyage en frêle banca est un peu trop humide:) )

Au fait, il semble bien que le Baliangao Wetland Park soit disparu au profit d’un projet de gestion cotière communautaire du ministère de l’environnement et des ressources naturelles.

Note touristique:
Où dormir et manger: le Oklahoma Islands Rafi Resort

* La caravan Pepsi

Aujourd’hui, samedi, jour de repos. Le ciel est bleu, on file à la plage de Naawan.

Au retour, le trafic ralentit près d’une zone où généralement le trafic est inexistant. Sur les accotements, des dizaines de personnes courent dans tous les sens, souriant et avec quelques bouteilles de Coke sous le bras. Un gros camion nous bloque la vue. Toujours plus de gens avec des belles caisses rouges pleines de liqueur. Dans un virage, de la vitre cassée sur la chaussée et un liquide brunatre puis voilà, un camion a perdu une partie de sa cargaison dans le virage. Les gens des alentours ont décidés de faire le ménage (à la manière Lord of the War) sous l’oeil déconcertée mas très pacifique du chauffeur. Au moment de dépasser le camion, il ne restait que quelques bouteilles encore intactes.

Ça va fêter fort dans les chaumières, ce soir! (quand on sait que le litre de Coke coûte plus cher que le Tanduay local….!)

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